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ABVV-FGTB

Communiqué de presse

Bruxelles, le 13 mars 2017

 

Femmes et hommes sont-ils égaux ?

En 2017, l’écart salarial est encore de 20 % !

 

Aujourd'hui, en Belgique, la moitié des travailleurs –

en l’occurrence les femmes – ne sont pas payés à leur juste valeur :

l’écart salarial entre hommes et femmes est toujours de 20%

sur base mensuelle ou annuelle en raison de la répartition inégale

du temps partiel. Mais même le salaire horaire fait apparaître une

différence de 5% à horaire égal et de 11% si on tient compte du temps partiel.

Cet écart salarial n'a plus baissé depuis 3 ans.

 

Le travail à temps partiel, principale cause de l'écart salarial

 

En termes de salaires horaires des travailleurs à temps plein,

nous constatons que l’écart salarial f/h retombe à 5%.

Il a diminué de 2/3 en 14 ans, mais existe toujours. Ce qui est alarmant,

c’est qu’au niveau des salaires mensuels, l’écart salarial n’a diminué que

de 6% en 14 ans et a même stagné par rapport aux deux années précédentes.

La raison principale est le travail à temps partiel.

 

La part du travail à temps partiel s’élève en effet à 41,6% pour les femmes

et 10,1% pour les hommes. Seules 8,2% des travailleuses à temps partiel

affirment ne pas vouloir d’emploi à temps plein.

 

Pas moins de la moitié des femmes évoque comme motif du travail

à temps partiel la conciliation entre la vie professionnelle et la vie privée.

Prendre soin des enfants ou d’autres personnes dépendantes est dans ce cas

un argument invoqué bien plus souvent par les femmes que par les hommes,

tout comme les autres raisons personnelles ou familiales.

Les femmes assument donc toujours la plus grande part

de responsabilité des soins dans le ménage.

 

Les hommes qui travaillent à temps partiel ont quant à eux surtout invoqué

comme motif la conciliation avec un autre emploi, avec des études ou

une(pré)pension : c’était le cas d’un collaborateur à temps partiel sur cinq ;

chez les femmes, ce taux était d’à peine un sur quinze.

 

Les autres explications •

Le choix des filières d’études et le choix des professions : les filles se dirigent

vers les filières d’enseignement qui favorisent les contacts sociaux mais

qui sont moins valorisantes ou valorisées.

• Les « mauvais secteurs » : les femmes se retrouvent davantage

dans des secteurs et des métiers moins valorisés et moins bien rémunérés

que les hommes. On appelle cela la ségrégation horizontale.

• Le plafond de verre : les femmes restent cantonnées dans des fonctions

moins élevées et donc moins bien rémunérées et ce, dans la plupart des secteurs.

• La composition ménage : les hommes mariés avec ou sans enfants ont

en moyenne un salaire plus élevé. Le modèle de soutien de famille et la division

« naturelle » des rôles jouent sans doute en faveur des hommes.

• L’inégale répartition des tâches : les femmes consacrent plus de temps

au travail domestique que les hommes. Même lorsque les femmes sont occupées

à temps plein, ce sont tout de même elles qui font la plus grande part

du travail domestique.

• La parentalité : les femmes s’absentent pendant leur congé de maternité entrainant

un retard de carrière sur le marché de l’emploi. En outre, un père sur cinq ne prend pas

son congé de paternité.

• La formation professionnelle : les hommes sont plus nombreux à bénéficier

de formations complémentaires tout au long de leur carrière.

• Les avantages complémentaires : téléphone, ordinateur, voiture de société,

primes, etc. sont plus souvent accordés aux hommes qu’aux femmes.

 

Résultat : des pensions plus basses

 

Les pensions sont déjà trop basses. Une rémunération moins élevée pour

les femmes et des carrières incomplètes conduisent inévitablement à des droits sociaux

inférieurs et donc à une pension moins élevée. Sans tenir compte des régimes de

pension extralégaux, l’écart des pensions entre les femmes et les hommes

en Belgique atteint pas moins de 26%.

 

La loi Peeters pire pour les femmes

 

La loi sur le “travail faisable” du ministre de l’Emploi, Kris Peeters (CD&V),

va compliquer la conciliation entre vie familiale et professionnelle. Les parents

manquent déjà de temps et ont du mal à concilier toutes leurs activités.

A tel point que plus d’un parent sur cinq indique ressentir un risque de burnout parental.

Les femmes sont les plus touchées.

 

L’une des mesures emblématiques du texte est l’annualisation du temps de travail

qui permet de dépasser le cadre hebdomadaire de 38 heures par semaine,

tout en conservant cette moyenne sur une base annuelle.

Les parents dont l’horaire quotidien ou hebdomadaire va augmenter auront donc

plus de difficultés pour prendre en charge leurs enfants,

surtout dans les familles monoparentales.

 

Actions

 

Nous vous invitons à participer à l'action de la FGTB, le mardi 14 Mars

de 11h à 13h face au SPF Emploi (entrée en face de la SNCB Bruxelles-Midi).

Un podium sera installé pour les discours de Miranda Ulens (secrétaire fédérale FGTB)

et de Marc Goblet (secrétaire général de la FGTB), ainsi que des témoignages

de nos militantes. Une délégation du Bureau fédéral des femmes de la FGTB,

Miranda Ulens et Marc Goblet seront reçus par un représentant du ministre

de l'Emploi Kris Peeters. Des actions de sensibilisations sont prévues

dans les entreprises et au sein des différentes gares Wallonnes.

 

Tous les détails sont sur www.fgtb.be.